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✝ JEAN-PIERRE BELTOISE : en vacances au Sénégal, où il se remettait de ses 2 AVC

Ceux qui suivent – ou ont suivi – avec assiduité le sport automobile dans les années 60-70, se souviendront certainement de ce mémorable GP de Monte-Carlo 1972, couru sous une pluie diluvienne et qui vit émerger Jean-Pierre (BRM V12) en grand et surprenant vainqueur.

Jean-Pierre Beltoise, et il faut le souligner, était en quelque sorte le chef de file d’une nouvelle génération de pilotes français, qui allait apporter du sang neuf non seulement au sport automobile hexagonal, mais au sport motorisé tout court.

Après des débuts en moto, sur une Jonghi (qui se souvient encore de ce constructeur français ?), Beltoise  passe aux quatre roues où il se distingue particulièrement sur Matra et Matra Simca en endurance et avec BRM en Formule 1, où il termine sa carrière au volant d’une Ligier.

En F1, il a été actif durant neuf saisons, précisément entre 1966 et 1974. Huit podiums et une victoire au Championnat du Monde de F1 ainsi que deux victoires hors championnat aboutissent à 77 points récoltés au total.

Comme tous ceux de son époque, où presque, il était un pilote éclectique !

En endurance, il dispute quasiment toutes les épreuves au volant d’une Matra avec, comme résultats remarquables la victoire acquise en 1969 lors des 1000 kilomètres de Paris (avec Pescarolo), 4e, la même année, aux 24 Heures du Mans. L’année suivante, il remporte les 1000 km de Buenos Aires et s’impose, en compagnie de Patrick Dépailler et Jean Todt, au Tour de France automobile. 1974 sera pour Beltoise l’année de tous les succès en endurance : vainqueur successivement et toujours avec J-P. Jarier, des 6 Heures de Watkins Glen, des 1000 km du Castellet, des 1000 km du Nürburgring, et couronnant le tout, des 1000 km de Brands Hatch, ce qui vaut aux deux pilotes et à Matra Simca les titres de Champions du monde – après celui remporté l’année précédente.

Relevons, en monoplace, le titre de Champion d’Europe de F2 remporté en 1968 déjà.

Jean-Pierre Beltoise faisait partie de cette catégorie de pilotes dits « polyvalents », à l’instar d’un Stirling Moss, en bref, de pilotes qui se sont imposés au volant de tous types de voitures, allant du super-tourisme à la F1, en passant par les sports-prototypes, la F3, la F2, l’endurance, les courses de côte, les rallyes-cross et j’en passe.

Jean-Pierre est décédé le 5 janvier à Dakar, à l’âge de 77 ans, des suites d’une attaque cérébrale.

Axel Béguin